L’AYURVÉDA

L’Ayurvéda est un système holistique de médecine indienne. Ayurvéda signifie « science de la vie » en sanscrit. L’Ayurvéda fut tout d’abord consigné dans les Vedas, la plus ancienne littérature existante au monde. Ce système de santé est pratiqué quotidiennement en Inde depuis plus de cinq mille ans.

L’Ayurvéda est perçu en Occident comme une science ésotérique. Il s’agit pourtant d’une science de la vie simple et pratique, dont les principes sont universellement applicables à l’existence quotidienne de chaque individu. L’Ayurvéda s’adresse à chaque élément et chaque facette de la vie humaine, proposant, à tous ceux qui recherchent une plus grande harmonie, paix et longévité, un guide qui a été testé et amélioré à travers les siècles. La science de l’Ayurvéda n’est pas basée sur des données de recherche changeant constamment, mais sur la sagesse éternelle des rishis — ceux qui « voyaient la vérité ». Ils reçurent cette science en pratiquant la méditation de manière intensive, cela leur permit de  manifester la vérité dans leur vie quotidienne.

Quant à moi ? J’étais déçu par les limitations et la grossièreté de la diététique occidentale conventionnelle. C’est en recherchant des réponses à mes questions que je suis tombé sur l’Ayurvéda et que j’ai entrepris un enseignement supplémentaire et complémentaire. Après avoir obtenu mon diplôme de praticien ayurvédique — formation validée auprès d’un des plus grands enseignants de l’Ayurvéda de notre époque : le professeur David Frawley — j’ai cherché une façon de pouvoir utiliser ces nouvelles compétences dans ma pratique de conseil en Entraînement et Santé Fonctionnelle (voir les services associés). En Ayurvéda, l’adage « nous sommes ce que nous mangeons » est partagé au point qu’au premier ordre, le corps humain est souvent résumé à un système digestif démarrant de la bouche et se terminant par l’anus. Cette médecine orientale, qualifiée de « douce », se repose en grande partie sur l’alimentation (et éventuellement l’ingestion ou l’infusion de plantes) et l’hygiène de vie (routines quotidiennes, habitudes, etc.) pour lutter contre tous les déséquilibres du corps : les naturelles liés à sa constitution, les déséquilibres accumulatifs liés à son style de vie ainsi que les déséquilibres extérieurs tel que le climat, les saisons et les diverses sources de pollution. Le mode de vie ayurvédique comprend une routine journalière + une alimentation et digestion adaptée + un soin à l’hygiène corporelle + un soin à l’hygiène mentale.

En Orient, la clé de la compréhension est l’acceptation, l’observation et l’expérience ; en Occident, c’est le questionnement, l’analyse et la déduction logique. La différence d’approche peut expliquer pourquoi certains Occidentaux éprouvent autant de difficultés à comprendre la méthodologie de l’Ayurvéda. L’Ayurvéda est bien plus pratique et pragmatique que certains occidentaux le pensent. C’est davantage l’emploi des diverses métaphores autour des éléments de la nature qui la rend très poétique et peut la faire passer pour ésotérique. Selon l’Ayurvéda, la conscience est énergie et se manifeste dans les cinq principes de base, ou éléments : l’Ether (espace), l’Air, le Feu, l’Eau et la Terre.

Ayurvéda : les Cinq éléments (Pancha Maha Bhuta) + Doshas

Que pourrait vous apporter cette médecine ancestrale et actuelle ? Vous le découvrirez dans cet article à la fois synthétique et complet*.

A. L’AYURVÉDA : SCIENCE DE L’AUTOGUÉRISON

La connaissance pratique de l’autoguérison peut être acquise par tout un chacun, en étudiant les enseignements de l’Ayurvéda. Par un équilibre correct de toutes les énergies du corps, les processus de détérioration physique et de maladie peuvent être réduits de façon impressionnante. Ce concept est à la base de la science ayurvédique : la capacité pour un individu de se guérir lui-même.

La médecine et la pensée occidentales tendent à généraliser et cataloguer l’individualité. Par exemple, d’après le concept occidental de normalité, ce qui est commun à la majorité des gens constituent la norme. L’Ayurvéda considère que la normalité doit être évaluée individuellement, parce que toute constitution humaine manifeste spontanément son propre tempérament et son fonctionnement.

L’Ayurvéda enseigne que l’homme est un microcosme, un univers en lui-même. Il est enfant des forces cosmiques de l’environnement extérieur, le macrocosme. L’Ayurvéda considère la santé et la « maladie » en termes holistiques, en tenant compte de la relation inhérente entre l’individu et l’esprit cosmique, l’individu et la conscience cosmique, l’énergie et la matière. La santé est ordre, la maladie est désordre. À l’intérieur du corps, il y a interaction entre ordre et désordre. L’homme avisé apprend à être pleinement conscient de la présence de troubles dans son corps et entreprend de rétablir l’ordre. Il comprend que l’ordre est inhérent au désordre et qu’il est donc possible de recouvrer la santé.

B. LA CONSTITUTION HUMAINE

L’Ether, l’Air, le Feu, l’Eau et la Terre, les cinq éléments de base, se manifestent dans le corps humain en tant que trois principes fondamentaux, ou humeurs, qui sont les tridosha. À partir des éléments Ether et Air, le principe de l’air corporel, appelé vata, se manifeste. Dans la terminologie sanscrite, ce principe est appelé vata dosha. Les éléments Feu et Eau se manifestent ensemble dans le corps en tant que principe de feu appelé pitta. Les éléments Terre et Eau se manifestent en tant qu’humeur corporelle de l’eau appelée kapha.

Ces trois éléments — vatapittakapha — gouvernent toutes les fonctions biologiques, psychologiques et physiopathologiques du corps, de l’esprit et de la conscience. Ils agissent en tant que constituants de base et comme barrières protectrices pour le corps dans sa condition physiologique normale.

Les tridosha sont responsables de la manifestations des besoins naturels et des préférences alimentaires individuelles : saveurs, températures, etc. Ils gouvernent la création, le maintien et la destruction des tissus corporels, et l’élimination des déchets produits par le corps. Ils sont aussi responsables des phénomènes psychologiques comprenant des émotions comme la peur, la colère et l’avidité, de même que les émotions humaines plus élevées telles que la compréhension, la compassion et l’amour. Ainsi, les tridosha sont le fondement de l’existence psychosomatique de l’homme ; la constitution de base de chaque individu est déterminée à sa conception.

Au cours de la vie, il y a une interaction incessante entre l’environnement interne et extérieur. L’environnement extérieur comprend les forces cosmiques (macrocosme), tandis que les forces internes (microcosme) sont gouvernées par les principes de vata-pitta-kapha. En Ayurvéda, il y a un principe de base qui stipule que l’on peut établir l’équilibre des forces internes travaillant dans l’individu en modifiant l’alimentation et les habitudes de vie, afin de contrecarrer les changements de l’environnement extérieur.

L’équilibre des tridosha est nécessaire à la santé. Par exemple, le principe de l’air enflamme le feu corporel, mais l’eau est nécessaire pour contrôler le feu, sinon le feu corporel brûlerait les tissus. Vata fait bouger kapha et pitta, qui sont immobiles. Ensemble les tridosha gouvernent toutes les activités métaboliques : l’anabolisme (kapha), le catabolisme (vata) et le métabolisme (pitta). Lorsque vata est en déséquilibre, le métabolisme est perturbé, entraînant un excès de catabolisme qui mène au processus de détérioration du corps. Lorsque l’anabolisme est plus important que le catabolisme, il y a une augmentation du taux de croissance et de restauration des organes et des tissus.

Les 3 Doshas de l’Ayurvéda : Vata, Pitta, Kapha

C. LE PROCESSUS DE LA MALADIE

L’environnement interne du corps réagit constamment à l’environnement extérieur. Le désordre — c’est-à-dire la maladie — intervient quand ces deux paramètres sont en déséquilibre. Pour modifier l’environnement interne afin de l’équilibrer avec l’environnement extérieur, il faut comprendre comment le processus de la maladie survient à l’intérieur de l’être psychosomatique. L’Ayurvéda fournit des explications de la maladie qui permettent de rétablir l’ordre et la santé à partir du désordre et de la maladie.

C.1. La santé

En Ayurvéda, le concept de la santé est fondamental pour comprendre la maladie. C’est pourquoi, avant de discuter de la maladie, nous devons comprendre la signification du confort ou de la santé. Un état de santé existe quand : le feu digestif (agni) est équilibré ; les humeurs corporelles (vata-pitta-kapha) sont en équilibre ; les trois émonctoires (urine, fèces et sueur) sont produits à des niveaux normaux et en équilibre ; les sens fonctionnent normalement ; et le corps, l’esprit et la conscience travaillent dans l’harmonie et ne font qu’un. Lorsque l’équilibre de l’un de ces systèmes est perturbé, c’est le commencement du processus de la maladie. Comme un équilibre des éléments et des fonctions mentionnés plus haut entraîne une résistance et une immunité naturelles, mêmes les maladies contagieuses peuvent ne pas affecter la personne qui est en bonne santé. Ainsi, les déséquilibres du corps et de l’esprit sont responsables de la douleur et de la misère physiques et psychologiques.

D’après l’Ayurvéda, on peut classer la maladie selon son origine : psychologique, spirituelle ou physique. La maladie est aussi classée en fonction du lieu de sa manifestation : coeur, poumons, foie, etc. Le processus de la maladie peut commencer dans l’estomac ou les intestins, mais se manifester dans le coeur ou les poumons, si bien que les symptômes de la maladie peuvent apparaître à un endroit différent de son origine. Les maladies peuvent aussi être classées d’après leur cause et les dosha corporelles : vata-pitta-kapha.

C.2. Agni

Agni, le feu digestif

Agni est le feu biologique qui gouverne le métabolisme. Agni est la clé de la santé ou de la maladie. Pitta se manifeste dans l’estomac sous la forme du feu gastrique, agni. Agni est de nature acide et son action met la nourriture en morceaux et stimule la digestion. Agni est aussi subtilement relié aux mouvements de vata, car l’air corporel enflamme le feu corporel. Agni est présent dans chaque tissu et cellule et est nécessaire pour maintenir la nutrition des tissus et entretenir le mécanisme auto-immunitaire. Agni détruit les micro-organismes, les bactéries étrangères et les toxines dans l’estomac, le gros intestin et l’intestin grêle. De cette manière, il protège la flore de ces organes.

La longévité dépend d’agni. Intelligence, compréhension, perception et entendement sont aussi les fonctions d’agni. Tant qu’il fonctionne correctement, les processus de concassage de la nourriture, d’absorption et d’assimilation dans le corps auront lieu en douceur. Agni digère/traite aussi la lumière dans les yeux et les idées dans le cerveau.

Quand agni est diminué en raison d’un déséquilibre des tridosha, le métabolisme s’en trouve affecté de manière drastique. La résistance du corps et le système immunitaire sont atteints. Les composants des aliments ne sont pas digérés ni assimilés. Ils s’accumulent dans le gros intestin, se transformant en une substance hétérogène, nauséabonde et collante. Cette matière, que l’on appelle ama, obstrue les intestins et les autres canaux, tels les capillaires et les vaisseaux sanguins. Elle finit par subir de nombreuses transformations chimiques qui créent des toxines. Ces toxines sont absorbées dans le sang et pénètrent dans le système circulatoire. Elles finissent par s’accumuler dans les endroits les plus faibles du corps, où elles créent contractions, encrassements, stagnations et affaiblissements des organes, réduisant le mécanisme auto-immunitaire des tissus correspondants. Finalement, les conditions de la maladie se manifestent dans les organes affectés et sont identifiés sous le nom d’arthrite, diabète, maladies cardiaques, etc.

C.3. Ama

La racine de toute maladie est ama. Un affaiblissement des humeurs corporelles, vata-pitta-kapha, crée des toxines (ama) qui s’accumulent dans les régions faibles du corps. Si une articulation est une région faible, par exemple, c’est là que la maladie se manifestera. Il existe de nombreuses causes au développement d’ama. Par exemple, lorsque des aliments incompatibles sont ingérés, agni va être directement affecté par les toxines, ou ama, créées par ces aliments mal digérés.

Si la langue est couverte d’une pellicule blanche, ce symptôme indique qu’ama existe dans le gros intestin, l’intestin grêle ou l’estomac, selon la partie de la langue qui est couverte. Ama se développe quand la fonction d’agni est retardée ; cependant un agni trop actif est également nuisible : l’excès de combustion consume les nutriments biologiques normaux de la nourriture entraînant moins d’assimilation et un amaigrissement.

Les toxines sont aussi créées par des facteurs émotionnels. La colère réprimée, par exemple, modifie complètement la flore de la vésicule biliaire, du tractus biliaire et de l’intestin grêle et aggrave pitta, créant des zones d’inflammation sur les muqueuses de l’estomac et de l’intestin grêle. De même, la peur et l’anxiété altèrent la flore du gros intestin. En conséquence, le ventre se gonfle de gaz qui s’accumulent dans les poches du gros intestin, occasionnant des douleurs.

Les émotions réprimées créent un déséquilibre de vata, qui à son tour affecte agni, la réponse auto-immunitaire du corps. L’Ayurvéda recommande d’observer les émotions avec détachement et de les laisser se dissiper. Quand les émotions sont réprimées, cette répression va occasionner des troubles de l’esprit et, à la longue, du fonctionnement du corps. Et si agni baisse, une réaction immunitaire anormale peut apparaître. Cette réaction peut entraîner des allergies à certaines substances, comme le pollen, la poussière et les parfums de fleurs.

Ama = toxines = résidus de nourriture non digérés dont un des emplacements de contrôle est la langue.

D. COMMENT L’AYURVÉDA FONCTIONNE-T-ELLE ?

D.1. Tout est question d’Attributs

L’Ayurvéda englobe une science médicale subtile d’attributs et de qualités. Ces attributs sont aussi appelés gunas. Charak, le grand médecin ayurvédique, découvrit que toutes les substances organiques et inorganiques, de même que toutes les pensées et actions, ont des attributs définis. Ces attributs contiennent l’énergie potentielle, tandis que les actions expriment l’énergie cinétique. Les attributs et les actions sont étroitement reliés, dans la mesure où l’énergie potentielle des attributs se transforme finalement en action ou énergie cinétique.

Après une observation attentive de l’univers et de l’homme, Charak a classé les vingt attributs de base en dix paires antagonistes (par exemple : chaud et froid ; lent et rapide ; émoussé et tranchant ; humide et sec). Ces forces opposées fonctionnent ensemble. L’univers en tant que tout est la manifestation des deux opposés de base, l’énergie mâle et femelle. Ainsi, il est possible de comprendre l’univers en termes d’interaction de forces opposées qui se manifestent en tant qu’attributs de base.

Les concepts gouvernant la pharmacologie, la thérapeutique et la préparation des aliments en Ayurvéda sont basés sur l’action et la réaction des vingt attributs les uns par rapport aux autres. Grâce à la compréhension de ces attributs, l’équilibre des tridosha peut être maintenu.

Pour comprendre et apprécier le concept ayurvédique des attributs, il convient de méditer profondément sur eux. L’examen des attributs est une expérience très subtile, qui demande une attention constante.

D.2. Établir le diagnostic

En Occident, le terme de diagnostic se réfère généralement à l’identification de la maladie une fois qu’elle s’est manifestée. La première étape de la maladie selon l’Ayurvéda est l’accumulation, suivie par la seconde étape : l’aggravation. Arrive ensuite le débordement, qui précède la délocalisation, elle-même suivie de la manifestation (stade où la médecine occidentale reconnaît la maladie par ses symptômes). Il ne reste plus que le stade finale qui est la diversification.

Les stades la maladie selon l’Ayurvéda

Comme vous le voyez, nous établissons le diagnostic de la maladie, en Occident, extrêmement en retard par rapport à la vision ayurvédique : à l’étape 5 sur les 6 étapes de la maladie définies par l’Ayurvéda. L’approche occidentale est une approche de réaction tardive là où l’Ayurvéda prône la réaction anticipée et l’accompagnement du corps dans sa globalité, à l’inverse d’un traitement purement symptomatique. C’est la différence entre la vision holistique ayurvédique et la vision plus « machine » composée de systèmes indépendants reliés que nous avons en Occident. C’est aussi ce qui rend ces deux médecines complémentaires ; il ne faut surtout pas décrier notre médecine occidentale qui effectue des prouesses chirurgicales comme la transplantation cardiaque etc.

Une des prouesses de la médecine occidentale : la transplantation cardiaque.

En Ayurvéda, le concept de diagnostic implique un contrôle de minute en minute des interactions entre l’ordre (la santé) et le désordre (la maladie) dans le corps.  Le processus de la maladie est une réaction qui a lieu entre les humeurs corporelles et les tissus. Les symptômes de la maladie sont toujours reliés aux troubles de l’équilibre des tridosha. Une fois que nous avons compris la nature de ce déséquilibre, l’équilibre peut être rétabli par le traitement. Comme mentionné précédemment, cet équilibre est variable d’un individu à l’autre et il faut donc l’évaluer individuellement.

L’Ayurvéda enseigne des méthodes très précises de compréhension du processus de la maladie avant que le moindre signe de maladie ne se soit manifesté. En détectant les symptômes précoces de déséquilibre et de réaction à la maladie du corps, on peut déterminer la nature des réactions corporelles futures. L’observation quotidienne du pouls, de la langue, du visage, des yeux, des ongles et des lèvres fournit des indications subtiles en observant leurs attributs. Grâce à elles, l’étudiant en Ayurvéda peut savoir quels processus pathologiques ont lieu dans le corps, quels organes sont en déséquilibre et où les doshas et toxines se sont accumulés. Ainsi, en contrôlant régulièrement les indications fournies par le corps, les symptômes pathologiques peuvent être détectés précocement et l’on peut prendre des mesures préventives. L’Ayurvéda enseigne que le patient est un livre ouvert et que, pour comprendre son bien-être physique, il doit être « lu » quotidiennement.

D.3. Proposer une thérapie

Tous les traitements ayurvédiques tendent à établir un équilibre entre les humeurs corporelles, vata-pitta-kapha. D’après l’enseignement ayurvédique, le commencement de quelque traitement que ce soit (médication, acupuncture, chiropraxie, massage, allopathie ou autre) sans avoir tout d’abord éliminé les toxines responsables de la maladie ne fera qu’enfoncer plus profondément ces poisons dans les tissus. Un soulagement symptomatique du processus de la maladie peut résulter d’un traitement superficiel. Mais la cause fondamentale de la maladie n’en sera pas affectée, aussi le problème se remanifestera-t-il, sous la même forme ou sous un autre.

La règle générale dans les traitements est qu’il est toujours plus facile de traiter les humeurs lorsqu’elles sont encore situées dans leurs emplacements respectifs et en sont aux stades de l’accumulation et de l’aggravation. La maladie est encore facile à traiter à ces stades. Le stade du débordement est transitoire. Les deux derniers stades présentent la maladie entièrement développée. La maladie a évolué et cela prendra du temps et beaucoup d’efforts pour la rectifier. Elle fait désormais partie de votre nature et de votre vie et exige un changement radical de votre style de vie afin de la rétrograder. Les maladies entièrement développées prennent généralement des mois de thérapies naturelles pour les atténuer ou pour les guérir, car la force vitale est déjà perturbée par la maladie et peut s’être unie à elle. Toutes les maladies ne sont pas soignables par l’Ayurvéda, mais l’Ayurvéda peut toujours aider en améliorant/facilitant le fonctionnement global du corps ce qui permet de mieux supporter un traitement lourd d’une part et de venir soutenir le corps dans son travail de guérison.

Les textes ayurvédiques classiques stipulent que toutes les substances trouvées dans la nature ont une valeur médicinale quand elles sont employées correctement. Le but de ces remèdes n’est pas de supprimer les effets de la maladie, comme c’est souvent le cas avec la médecine occidentale, mais plutôt, encore une fois, d’harmoniser les facteurs déséquilibrants du corps, éliminant ainsi la cause de la maladie. Le but et l’action des remèdes ayurvédiques consistent à éliminer la maladie elle-même, et pas seulement ses symptômes.

Il va sans dire que, si le trouble ou la maladie ne baisse pas après avoir employé ces remèdes, il faut consulter un médecin. Parfois, des symptômes qui semblent mineurs peuvent avoir de sérieuses répercussions.

E. QUELQUES RECOMMANDATIONS AYURVÉDIQUES

L’Ayurvéda enseigne que tout individu a le pouvoir de se guérir lui-même. Ainsi cette science de la vie offre à chacun la liberté de recouvrer la santé en comprenant son corps et ses besoins. D’après l’Ayurvéda, ce qui est fondamental, pour qu’un individu reste en bonne santé, c’est de maintenir une alimentation naturelle et des occupations journalières stables et saines. Il est également important de poursuivre des pratiques traditionnelles, comme le yoga, des exercices respiratoires et des pratiques spirituelles afin de créer l’harmonie et le bonheur.

E.1. Alimentation

L’alimentation doit être choisie en fonction de la constitution individuelle. Si l’on comprend la constitution et sa relation avec les qualités des divers aliments, il est possible de sélectionner une alimentation adéquate. Il faut tenir compte du goût de l’aliment (sucré, acide, salé, piquant, amer ou astringent) et savoir s’il est lourd ou léger, s’il produit de la chaleur ou du froid, s’il est huileux ou sec, liquide ou solide. Les saisons de l’année doivent aussi être prises en compte dans le choix alimentaire. Pendant l’été, quand la température est élevée, les gens ont tendance à transpirer beaucoup. Pitta prédomine à cette époque de l’année. Il n’est pas bon alors de manger des aliments chauds, épicés et piquants, qui vont aggraver pitta. À l’automne, quand le vent est élevé et sec, il y a plus de vata dans l’atmosphère ; pendant cette période, il vaut mieux éviter les fruits secs, les aliments riches en protéines et autres aliments qui augmentent vata. L’hiver est la saison de kapha ; il apporte le froid et la neige. Il est bon alors d’éviter les boissons froides, crèmes glacées, fromages et yaourts, car ces aliments augmenteront kapha. Ce n’est qu’un exemple, mais sachez que de telles distinctions peuvent être effectuées à l’échelle des cycles d’un vie (enfance, âge adulte, vieillesse) ou encore à l’échelle d’une journée.

La prise de nourriture doit être régulée par agni, le feu digestif du corps. Ne mangez pas sans avoir faim et ne buvez pas sans avoir soif. Ne mangez pas quand vous avez soif et ne buvez pas quand vous avez faim. Si vous avez faim, cela veut dire que votre feu digestif est « allumé ». Si vous buvez à ce moment-là, le liquide va dissoudre les enzymes digestives, ce qui diminuera agni.

Ce sont les aliments qui nourrissent le corps, l’esprit et la conscience. La façon dont vous mangez est très importante. Pendant le repas, il convient d’être assis droit et d’éviter les distractions comme la télévision, la conversation ou la lecture. Concentrez votre esprit sur la nourriture et soyez conscient du goût. Mâchez avec amour et compassion et vous en expérimenterez clairement le goût. Le goût ne provient pas de la nourriture, mais de l’expérience qu’en tire celui qui mange. Chaque bouchée doit être mâchée au moins 32 fois avant d’être avalée. Cette pratique permet aux enzymes digestives de la bouche de préparer l’arrivée des aliments mastiqués. Il est important de manger à une allure modérée.

La combinaison et la quantité des aliments ingérés est également importante. Un tiers de l’estomac doit être rempli de nourriture, un tiers d’eau et un tiers d’air. La quantité de nourriture absorbée en un repas doit être équivalente à deux poignées d’aliments. Si l’on mange trop, l’estomac va se dilater et demander davantage de nourriture. L’estomac d’une personne qui mange trop se dilate comme un ballon. Un excès de nourriture crée des toxines supplémentaires dans le système digestif. Les aliments deviennent un poison que le corps doit éliminer avec effort. Il convient de manger et de boire avec discipline et régularité, car manger est une méditation. Les repas, pris de cette façon, vont nourrir votre corps, votre esprit et votre conscience et augmenter votre longévité.

E.2. Mode de vie

D’après l’Ayurvéda, la routine joue un rôle très important dans la santé. Une vie naturelle est une vie qui se règle en fonction de la constitution individuelle. Il est recommandé d’avoir une discipline quotidienne qui régit toutes nos actions de la journée, comme l’heure du lever le matin et le moment d’entreprendre les purifications du corps et la méditation.

Exemple de routine matinale effectuée tôt le matin, de préférence avant le lever du soleil : il est bon de se lever, d’aller aux toilettes et de se nettoyer les dents et la bouche. Ensuite, on examine la langue, les yeux, le nez et la gorge et on les nettoie. L’examen de la langue permet de détecter les changements pathologiques qui peuvent se produire dans les organes correspondants. Après cet examen, boire un verre d’eau chaude pour aider à nettoyer le gros intestin. Gratter la langue avec un racloir (en cuivre ou en argent). Il serait bon d’enchaîner ensuite sur un auto-massage à l’huile de tout le corps suivi d’un bain chaud. Il serait alors le moment de pratiquer des exercices de yoga, de pranayama et de méditation.

Ce n’est qu’un exemple mais bien entendu il faut adapter ces conseils à sa propre vie et ses besoins en ciblant les thérapies touchant le mode de vie à la personne et ses divers troubles/déséquilibres. Certains conseils, qui auront apportés le plus de résultats et de bien-être, pourront ensuite être entretenus toute la vie ou par périodes seulement (en fonction des saisons par exemple). Le mode de vie ayurvédique comprend une routine journalière + une alimentation et digestion adaptée + un soin à l’hygiène corporelle + un soin à l’hygiène mentale.

L’Ayurvéda apporte aussi une attention toute particulière au sommeil et détient diverses clés favorisant l’endormissement et un sommeil profond de qualité. Aucun de ces conseils n’est cependant miraculeux, ils demandent de la discipline et requièrent d’être pratiqués quotidiennement (ou quelques fois par semaine) pendant une certaine durée pour vraiment en voir tous les bénéfices.

F. EFFECTUER UN BILAN AYURVÉDIQUE

Si effectuer votre bilan de santé ayurvédique vous intéresse, rendez-vous ici.

*J’ai écrit cet article sur la base de mon enseignement et de mes lectures mais il a surtout, et très fortement, été inspiré par le manuel clair et synthétique Ayurvéda, Science de l’Autoguérison écrit par le Dr Vasant Lad. Il est tellement bien écrit que j’ai préféré reprendre des paragraphes entiers, que je n’ai pas indiqué tellement ils sont nombreux. Si vous avez apprécié mon article synthèse, vous aimerez le livre. J’en profite pour vous en recommander un autre : La Santé par l’Ayurvéda de David Frawley.

Ayurvéda, Science de l’Autoguérison – Dr Vasant Lad

La Santé par l’Ayurvéda – David Frawley

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